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15 sept.

Le très petit Québec...

Le 1er juin dernier, dans un laconique courriel, nous apprenions que le gala de l’ADISQ se voyait “obligé” de retirer la catégorie “Album Électronique de l’année”, en raison d’un manque de candidatures.

Pourtant, la dernière année a été fertile en lancements d’albums s’inscrivant dans cette catégorie. Comment expliquer alors ce retrait obligé, alors que la quantité et la qualité des productions est à son plus haut niveau? La majorité des albums électroniques sont autoproduits ou lancés sur de petites étiquettes de disques qui n’ont pas les moyens d’inscrire leurs artistes à l’ADISQ. Faire entorse aux règles de l’industrie et permettre aux artistes de cette catégorie de s’inscrire gratuitement pourrait s’avérer une alternative… Bien que plusieurs autres catégories, comme le Hip Hop, pourraient revendiquer le même privilège.

Selon nous, le problème réside, à la base, à même le nom de la catégorie. Mis à part quelques artistes du genre, les simples (singles, tracks) sont de loin plus populaires et nombreux. Aussi, l’univers de la musique électronique prend tout son sens sur scène. Ainsi donc, l’ADSIQ aurait avantage et intérêt à proposer non pas une, mais bien deux catégories: une pour “la chanson (simple) de l’année-Musique Électronique” et une autre “ spectacle de l’année –musique électronique”. Ainsi, l’ADISQ reconnaîtrait à sa juste valeur un style musical qui participe de très belle manière au rayonnement du Québec partout sur la planète. Tout en respectant sa mission de promouvoir les artistes d’ici.

Poirier, Guillaume & The Coutu-Dumonts, Champion, Akufen, Chromeo, Pheek, Tiga, Misstress Barbara, Mateo Murphy, Deadbeat, Mike Shannon, Mossa, NROTB, Bender, Jordan Dare, CLAASS, Le Matos et plusieurs autres, sont des artistes reconnus mondialement. Certes, ils vendent moins de disques que Kaïn ou William Deslauriers. Mais qui connait les rock stars des régions (Kaïn) ou le chanteur derrière la pire pochette d’album jamais faite (Deslauriers), au-delà des frontières du Québec? Qui selon vous a offert des spectacles dans plus d’une dizaine de pays dans la dernière année? Plusieurs des artistes susmentionnés l’ont pourtant fait avec brio.

Avec la popularité grandissante de festivals ou événements voués à la musique électronique (Mutek, MEG Montreal, Piknic Électronik, etc.), ainsi que la place de plus en plus grande faite à ce genre musical à même nos grands festivals (Festival Internationnal de Jazz de Montreal, Festival d’été de Québec, Festival Osheaga, Pop Montréal), il serait plus que logique que l’ADISQ revoie sa position à cet effet. Sans vouloir être sarcastique ou cynique, disons que quand un festival comme Woodstock en Beauce propose une scène électronique, c’est surement parce que ce style musical intéresse un grand nombre de Québécois.

#justsayin'